Testament de l’Abbé PERROT / Testamant an Abad Perrot

MES DERNIERES VOLONTES

Ecrit à Grandpré, commune de Belval, le 11 juillet 1918

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ansi soit-il !

Chers Bretons,

vous que j’aimais tant et que j’aimerais toujours, je vous demande une prière pour que je puisse être reçu par nos vieux saints au paradis du bon Dieu malgré que je sois un grand pêcheur.

C’est pour Dieu et la Bretagne que j’ai défendue toute ma vie que je me meurs au pays des français. Je meurs pour la plus grande gloire de Dieu et de la Bretagne Mon plus grand souhait, avant de quitter cette terre, est de revoir mon pays, de Rennes à St Mathieu-fin-de-terre, gouverné comme autrefois par des Bretons, et par des Bretons seulement. Chaque homme maître en sa maison, chaque peuple maître en son pays!

Chers compatriotes, Bretons sincères et courageux comme vous l’êtes, vous lutterez jusqu’à ce que vous voyiez le jour heureux de la liberté rayonnant sur la Bretagne pour votre plus grand bien, celui de la foi et de vos enfants.

Les anglais ont fait beaucoup de mal à notre peuple quand nos ancêtres durent fuir la Grande Bretagne et descendre sur les côtes sauvages de l’Arvor. Plus de mal encore nous ont fait les Français durant ces quatre cents dernières années et notamment dans les trente années que nous venons de voir s’écouler.

Les anglais ne cherchaient qu’à détruire les biens terrestre de nos ancêtres. Les français, après avoir supprimé nos droits les uns après les autres, inspirés qu’ils étaient par l’esprit du mal, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour nous ôter les plus précieux trésors qui nous venaient de nos aïeux à travers les siècles: le breton et la foi.

Ah chers compatriotes, croyez-moi, sachant tout cela, vous ne vous protégerez jamais assez de la méchanceté de nos voisins les plus proches, et, au nom de Dieu, ne cessez de lutter tant que vous n’aurez pas reconquis l’un après l’autre, les droits que nous avons perdu.

Les droits de la Bretagne comme les droits de chaque peuple sont sacrés et ils ne peuvent être supprimés à moins de réduire d’abord tous les Bretons au silence.

Sainte Anne, grand-mère de notre sauveur Jésus-Christ, mère de la vierge et mère de notre pays, bénissez les Bretons et faites que vive la Bretagne à jamais.

 

Yann Varri PERROT
gouere 1918

Skrivet e Grand-Pré, parrez Belval
d’an 11 a viz Gouere 1918
Yann-Vari Perrot, rener Feiz ha Breiz

En hano an Tad, hag ar Mab hag ar Spered Santel, evel-se bezet graet.

Bretoned keiz, c’houi hag a garien kement hag a garin bepred, goulenn a ran ouzoc’h eur bedenn ma c’hellin beza digemeret daoust peger bras pec’her oun, gant hor Zent koz, e Baradoz an Aotrou Doue. Evit Doue ha Breiz am euz difennet edoug va buez eo e varvan e bro ar C’hallaoued. Mervel a ran evit brasa gloar Doue ha Breiz. Va brasa ioul araok mont diwar an douar-man oa gellout gwelet va Bro, adalek Roazhon tre beteg Loz-Maze mestr en e di; pep pobl mestr en e vro !
Kenvroïz ker, Bretoned gwirion ha tud kalonek evel maz oc’h, c’houi a stourmo ken a weloc’h deiz laouen ha dudius ar Frankis o c’houlaoui war Breiz evit ho prasa mad, hini ar Feiz hag hini ho pugale !

Droug bras o deuz grêt ar Zaozon d’hor gouenn an amzer dremenet p’eo bet red d’hon tud koz tec’het diouz Breiz-Veur ha diskenn war aochoù gouez an Arvor. Muioc’h a zroug o deus grêt ouzomp c’hoaz ar C’hallaoued er pevar c’hantved diweza-ma ha dreist holl en tregont vloaz emaomp o paouez gwelet tremen.

Ar Zaozon ne glaskent diframma digant hon Tadou nemet madou an douar. Ar C’hallaoued goude beza diframmet ganeomp hon holl gwirioù an eil goude egile, a reas, renet ma oant gant an Droug Spered, kement a oa en o galloud evit lemmel diganeomp ar brasa teñzorioù a c’helle dont deomp digant hon tud a kement all ne c’helloc’h biken en me ziouall re vad diouz fallagriez hon amezeien dosta hag arabad deoc’h en han Doue, paouez da stourm, ken ho pezo gounezet egile kement gwir hon eus kollet.

Gwirioù Breiz, evel gwirioù pep bro, a zo sakr ha ne c’hellont ket beza mouget, nemet mouga a rafet da genta an holl Vretoned !

Santez Anna, Mamm goz hor Zalver Jezuz Krist, Mamm ar Werc’hez ha Mamm hor Bro, bennigit ho Pretoned ha grit ma vevo Breiz da virviken.

Evelse beze grêt.
Gouere 1918 (88)

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  • libert

    Vraiment très bon testament et c’est vrai qu’il est toujours d’actualité et qu’il dit vrai, même 90 ans après ça reste la vérité!

  • seb

    Son testament me donne du baume au coeur et de l énergie pour le futur.

  • Meriadeg

    Ne soyons pas trop pessimistes..

  • Lacuson

    Tous les Bretons que je connais sont aussi réactifs que des bulots.
    Et les rares qui essayent de faire un petit quelque chose pour leur nation, en postant sur ce blogue par exemple, trouvent le moyen de le faire pour s’y démotiver mutuellement.
    Pauvre Yann Varri PERROT, il doit se retourner dans sa tombe.
    Trist eo.

  • Meriadeg

    Aotrou Yann Vari Perrot, roit deomp skoazell, evidomp-ni da genderc’hel, gant an erv hoc’h eus boulc’het, an erv don hoc’h eus toullet…

  • Il a aussi dit:

    “Les peuples comme les gens ont droit à la vie, et si des lois les condamnent à mort, ces lois sont mauvaises et doivent être foulées aux pieds”

    (Abbé Jean Marie Perrot – Discours des Assises du Bleun Brug – Guingamp 1925) *

  • Charlez

    La foi et le breton, deux trésors?
    L’abbé Perrot avait sûrement raison. Quelle tristesse que de voir ces deux trésors sombrer dans l’oubli!

  • j’ai posté ce testament car je le trouve toujours d’actualité de nos jours, 90 ans plus tard, rien n’a changé concernant nos droits