War raok N°27

War raok 27EDITORIAL

Mes chers compatriotes,

Lorsque je vous ai transmis mes vœux pour l’année 2009, j’ai mis l’accent sur la crise économique qui frappe la Bretagne. Confrontés à l’adversité, nos compatriotes prennent souvent le taureau par les cornes. Tel  artisan fera vivre son entreprise, en dépit du fisc qui l’étouffe ; tel salarié sauvera son emploi à force d’abnégation. Tel entrepreneur aura une idée de génie qui lui permettra de conquérir de nouveaux marchés. Face à la dépression économique, l’énergie, la créativité, l’esprit d’entreprise des Bretons sont des atouts majeurs. Pourtant, à défaut de cohérence d’ensemble, la situation particulière de notre pays limite les effets de ces initiatives : les Bretons sont un peuple privé d’Etat, donc privé de direction. Ce ne sont pas les initiatives microscopiques d’une « région » ou d’un « département » qui y changeront grand-chose. Face aux crises économiques, les meilleures volontés individuelles finissent par se briser sur un écueil majeur, l’Etat français.

La France a démontré mille fois sa vision de la Bretagne. On attend de nous d’être le rouage docile et terne d’une mécanique hexagonale. Cette mécanique, qui soit dit en passant souffre de pannes chroniques, n’a pas été conçue en fonction de vos intérêts. Ce qui prime, ce sont les intérêts de l’administration, des banques, des groupes économiques qui ont leur siège à Paris. En un mot, la France nous coupe les ailes pour mieux nous enfermer dans ses modèles stériles.

Les efforts isolés ne remplaceront jamais la force de direction qu’apporte une main ferme sur un gouvernail solide. Aussi ai-je pris la décision de poser haut et fort cette question de l’indépendance bretonne, au moment où elle nous fait le plus défaut. Tandis qu’on nous présente la fable d’un parapluie français censé nous protéger des crises, sachons rappeler l’évidence : ce sont les petites nations dynamiques qui s’adaptent le mieux. Nous le rappellerons d’adord sur le terrain, en poursuivant notre implantation dans des cantons sur l’ensemble du territoire breton. Mais 2009 sera aussi l’année des élections européennes. Ces élections n’ont pas pour but de laisser le vote breton s’exprimer; au contraire, nos voix seront noyées dans une circonscription électorale de type « Grand Ouest » qui dépasse largement la Bretagne.

Ce handicap ne doit pas nous forcer au silence. Bien au contraire, il doit nous permettre de porter dans les enceintes internationales le débat sur notre condition de peuple privé de toute représentation. Si Ecossais, Flamands ou Catalans peuvent élire des députés au parlement européen, pourquoi pas nous ? Il est d’autant plus important de dénoncer cette imposture que la circonscription « Grand Ouest » anticipe peut-être une prochaine région hexagonale du même nom dont le résultat serait d’affaiblir davantage la nation bretonne.

Notre premier objectif pour 2009 sera donc de mener une grande campagne de sensibilisation tant en Bretagne qu’en Europe pour dénoncer cet inacceptable déni de démocratie. Dénoncer c’est bien, proposer c’est mieux.  Notre second objectif sera de diffuser notre vision de la Bretagne dans l’Europe par tous les moyens à notre disposition. Une Bretagne libre dans une Europe aux cent drapeaux. Notre congrès national se tiendra en novembre 2009. Il marquera les dix ans de la création d’Adsav. Fort de votre aide, je compte en faire un grand évènement européen, afin de placer définitivement le peuple breton sur la carte des peuples européens reconnus pour leur goût d’indépendance.

Bevet Breizh ! Bevet Europa !
Frederig ar Bouder.
War Raok

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