Bloody Sunday. Les excuses de Londres, 38 ans après

16 juin 2010 – Le Telegramme

Le chef du gouvernement britannique, DavidCameron, a présenté des excuses, hier, aux familles des manifestants catholiques tués par des parachutistes à Londonderry, lors du Bloody Sunday de janvier 1972.

Les conclusions de la commission d’enquête la plus longue et la plus coûteuse de l’histoire judiciaire de Grande-Bretagne sont accablantes. Le Premier ministre David Cameron les a présentées sans concession devant la chambre des Communes, hier. Rediffusée en direct, sa déclaration a été saluée par une ovation à Londonderry, où plus d’un millier de personnes s’étaient massées dans l’attente du jour historique où Londres avouerait enfin l’innocence des victimes.

«Non justifié et non justifiable»

Les soldats britanniques «ont perdu le contrôle d’eux-mêmes». «Ce qui s’est passé le jour du Dimanche sanglant était non justifié et non justifiable. C’était mal», a martelé le leader conservateur devant les députés. «Au nom du pays, je suis profondément, profondément désolé». Les conclusions du rapport Saville, du nom du président de la commission, Mark Saville, sont «absolument claires»: les treize catholiques tués alors qu’ils participaient à une marche pacifiste, et un quatorzième mort plusieurs mois après, «n’étaient pas armés», contrairement aux conclusions d’une première enquête officielle, bâclée en 1972. Cette première enquête exonérait les soldats pour mieux accabler les manifestants qui auraient été infiltrés par des paramilitaires de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). «Il y a eu des coups de feu (…) mais aucun d’entre eux ne justifiait d’abattre des civils», a commenté David Cameron. Le Bloody Sunday «a renforcé l’IRA Provisoire, accru le ressentiment nationaliste et l’hostilité envers l’armée et exacerbé le conflit violent les années qui ont suivi», relève le rapport.

Un soldat jugé?

À Londonderry, parmi les catholiques, le frère d’un des manifestants tués, John Kelly a demandé que soit jugé le «soldat F», «tueur en série» qui a affirmé avoir mortellement blessé plusieurs manifestants, dont son frère Michael, parce qu’ils étaient «armés». Cette question est cependant restée ouverte, hier. Lord Saville s’est gardé de recommander des poursuites judiciaires, et DavidCameron a estimé que la qualification de meurtre ou d’homicide ne relevait pas de la commission. Le parquet de Belfast n’a pas encore réagi.

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  • vote for change… vote for sands…

    rien n’effacera le sang, surtout pas les états capitalistes anglais, francais, ou autres.