War raok N°31

War raok 31EDITO

Préparons demain et forgeons notre destin.

Ce qui fait encore la puissance de la France en Bretagne ce n’est ni son armée, ni bien sûr son prestige ou son rayonnement, mais bien la coopération passive du peuple breton. Sans cette « collaboration » se faisant sous des lois promulguées à Paris et dans des conditions entretenues par un pouvoir colonial, l’Etat français serait incapable de se maintenir en Bretagne. Même si les mentalités ont considérablement évolué, les Bretons ne délaissent toujours pas les partis étrangers implantés en terre bretonne véritables relais de la politique coloniale et adversaires déclarés à toute émancipation de notre peuple.

Concernant cette « collaboration » passive, il faut s’en dégager au plus vite par une stratégie qui, tout en restant pacifique, doit être « révolutionnaire » et se différencier de celle suivie tacitement par tous ces partis politiques. En effet, ces derniers sont de plain-pied dans le système français. La Bretagne, nation européenne, doit avoir la possibilité de prendre en main son destin, mais elle ne pourra le faire que lorsque les Bretons auront été émancipés politiquement, c’est-à-dire lorsqu’ils ne réagiront plus en fonction des directives des partis français et de leurs dociles valets bretons, mais selon leur conscience bretonne. Dociles valets avec leurs suppliques et palinodies régionalistes que je croyais ridiculisées à jamais et qui, à force de temporiser, ont immolé le germe de renouveau sur l’autel de l’attente. La libération de la Bretagne et de l’homme breton exige au contraire des actions pertinentes, délibérées et réfléchies. L’avenir du peuple breton réclame des positions politiques conscientes, articulées et cohérentes. Cette libération que nous souhaitons ne peut se limiter à un mouvement torrentiel, élémentaire, superficiel et contestataire mais doit constituer un ensemble de réalisations s’agençant les unes les autres et où l’absence d’un seul chaînon ne peut que condamner toute entreprise à l’échec.

Cette entreprise porte un nom : République bretonne ! Une République qui aura pour fonction de transformer l’homme breton d’objet en sujet d’histoire, d’homme colonisé en homme qui forge son propre destin. Or, pour que ce besoin de liberté se transforme en réalité pleinement développée, il faut un contexte de conditions favorables qui permette au peuple breton de connaître une brusque mutation. Ces conditions sont celles qui créent des situations pré-révolutionnaires : crise économique, chômage et menace du paupérisme, contestation du pouvoir colonial… Lorsque la plupart de ces conditions sont réunies, une simple étincelle peut brusquement provoquer l’explosion. Mais encore faut-il un guide pour notre peuple, un mouvement breton digne de ce nom. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui malgré les bonnes volontés qui se manifestent constamment et le fait que ce mouvement n’a cessé de s’affermir et de s’amplifier. Sommes-nous à la veille d’une mue de l’Emsav ? Ce serait en tout cas un signe réconfortant de vitalité car nous ne pouvons nous contenter d’entretenir une simple contestation au sein du peuple breton, ni de nous satisfaire des discours lénifiants de quelques petits notables qui en arrivent à se berner eux-mêmes en se félicitant de jouer un rôle d’interlocuteurs valables au sein d’un Conseil régional croupion et sans pouvoirs. Nous devons nous préparer dès à présent à assumer la gestion du pouvoir en Bretagne, comme en Catalogne, en Écosse… mais il ne suffit pas seulement d’arracher le pouvoir à Paris, il faut encore se préoccuper de donner ce pouvoir aux Bretons.

Je pense que le temps presse. Retrouvons notre vaillance, notre combativité, cette combativité véritable qualité humaine qui, dans tous les cas, est la seule vertu conduisant au succès politique.

Padrig MONTAUZIER.

 

War Raok

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