Conférence de Bretagne-réunie: le point de vue de Frederig ar Bouder

1- Frederig ar Bouder vous vous êtes rendu aujourd’hui à la conférence de l’organisation « Bretagne Réunie ». Alors cette « Réunification » – c’est à dire la Loire Atlantique dans une « région administrative Bretagne » c’est comme si c’était fait non?

Je ne suis pas devin, je ne sais pas si cette « réunification » se fera. Après tout nous parlons ici de la carte administrative de l’hexagone et c’est malheureusement à Paris qu’elle se dessine. Mais les Bretons ont tellement mis de pression que peut-être que cela va enfin se faire. Il faut rester unis dans la tempête et maintenir cette pression. Toute grogne de grincheux est déplacée. Je dis que ceux qui joueraient aux irresponsables et feraient la fine bouche, ceux-là n’auraient pas tellement les intérêts de la Bretagne à cœur.

2- Quelles seraient les compétences de la Région Bretagne réunifiée?

Difficile de préjuger de ce que sera le résultat de tout ce débat sur les réformes, mot passe-partout de la politique en Hexagone. Les agitations de couloir et les batailles d’influences entre les élus qui défendent leur bout de gras font rage en ce moment. La chose qui est certaine, c’est que l’État français n’est pas prêt à abdiquer une parcelle de pouvoir sans qu’on l’y aide un peu. A mon avis il y a très peu de chances que cet acte symbolique et fort de la réunification soit suivi d’une avancée dans le domaine des compétences. Le rapport Balladur va dans le sens inverse, davantage de contrôles de l’État. Que faire ? Ne pas se perdre dans des batailles contre des moulins à vent. La maigreur des compétences actuelles fait que se battre pour savoir qui a le droit de repeindre les collèges et les lycées et en quelle couleur est dérisoire. Dans les semaines qui viennent il faut se concentrer sur l’objectif réalisable: Nantes en Bretagne. Se concentrer sur cette occasion d’avoir enfin un cadre territorial qui reflète la réalité historique et humaine de la Bretagne

3- Si cette réunification se fait pouvons-nous ranger nos drapeaux et rentrer chez nous ?

Surtout pas ! Bien entendu un cadre administratif acceptable n’est qu’un pas. Quand ce sera fait il faut très vite passer à la phase suivante : arracher du pouvoir et d’abord investir les compétences fiscales , éducatives, linguistiques et plus largement économiques et culturelles. De l’audace ! Et pas de faux semblants! Des hommes politiques qui auraient à cœur l’intérêt de la Bretagne ne devraient pas attendre des autorisations de Paris pour agir, encore moins se compromettre. Et si l’on nous objecte que ces initiatives seraient souvent « au delà de nos compétences » c’est que l’on a rien compris. C’est toujours en imposant des bras de fer qu’on a pu débloquer des situations en faveur des Bretons. Si des familles bretonnes n’avaient pas décidé de braver l’État et de s’obstiner à donner des noms bretons à leurs enfants personne ne s’appellerait plus Erwan ou Rozenn en Bretagne. J’en profile pour dire que la coalition PS-UDB a été absolument nulle sur ce plan comme sur tant d’autres: un peu de poudre aux yeux et de paillettes mais par exemple une scolarisation des élèves en Breton qui recule ! Si au Nord de Pyrénées plus d’un jeune basque sur quatre est scolarisé dans sa langue– et je ne parle même pas du Pays Basque espagnol- comment se fait-il que la Bretagne soit tellement à la traîne ?

Propos recueillis le 15 Mars 2009 pour AdsTV

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  • Peter kersao

    totalement d’accord . L’independance ( dans l’Europe comme la Slovenie ou autre )est la seule et unique solution pour sauver la BZh et surtout notre langue . Kenavo de PER LM