War raok N°34

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EDITORIAL

Bretons : ni indignés, ni résignés… rebelles et insurgés !

Voici le premier éditorial de cette nouvelle année 2012. C’est également le douzième anniversaire de la revue. Douze ans déjà… Comme le temps passe vite et nous sommes toujours là, debout, avec un véritable idéal national et des convictions politiques toujours aussi dissidentes. Si nous avons pu résister à la police de la pensée unique, c’est grâce à vous, chers abonnés, et tout particulièrement aux jeunes qui prennent conscience d’avoir, en Bretagne, une réelle presse s’inscrivant dans une démarche d’émancipation nationale du peuple breton. Concernant cette jeunesse, je me permettrai une brève mise en garde. Vous avez très certainement entendu parler de ce nouveau mouvement européen : les indignés. Que penser de ce genre de contestation qui se réclame de la morale à deux sous et que la gauche altermondialiste sur-vend dans les médias respectueux et bien-pensants ? Que penser de ces protestataires, qui font déplacer journalistes et caméras malgré un mouvement poussif qui ne réunit pas grand monde mais qui a la prétention de représenter selon leurs dires les 99% de la population qui subissent la loi du 1% des puissants ? L’échec de ces manifestations n’est-il pas en fait un non-évènement, l’échec du « jeunisme », cet artifice dont la gauche et l’extrême-gauche sont si friandes ? Malheureusement l’aventure projetée par ces démagogues, qui voulaient absolument voir dans le « jeune » un allié du progressisme, a échoué lamentablement.

Pourquoi ce fiasco ? Tout simplement parce que la jeunesse, tant bretonne qu’européenne, même si elle se sent abandonnée par les partis traditionnels affiche ouvertement de la sympathie pour les mouvements dits « populistes » ou « ethnistes » ainsi que pour les mouvements de libération nationale. Pouvons-nous parler d’un enthousiasme pour une Révolution Conservatrice, phénomène européen s’inscrivant de plus en plus aujourd’hui en réaction aux politiques de la table rase ? Possible. Mais ce n’est pas un hasard si dans la jeunesse actuelle, le devoir, la discipline, le rejet de l’antimilitarisme et de la détestation de tout ce qui se rapporte à la nation sur fond de sauce moderniste, l’attachement à une culture enracinée, à une véritable identité, au spirituel, mais également à la notion de sacrifice et au désir d’être utile à son pays, à son peuple, rencontrent une totale adhésion (1). Cette jeunesse ne succombe pas aux charmes des sirènes d’un nihilisme destructeur. Elle angoisse plutôt d’assister au crépuscule de la civilisation européenne. C’est un véritable retournement réactionnaire s’exclameront certains ! Peut être, mais en tout cas c’est une sage attitude de la part d’une jeunesse qui refuse de se laisser embrigader et qui montre une réelle détermination dans ses choix politiques. Le terme réactionnaire, apparu au début du XXème siècle, utilisé dans un sens péjoratif pour désigner une personne s’opposant à certains changements de société… n’était-il pas l’insulte adressée dans les régimes communistes aux dissidents ? Alexandre Soljenitsyne n’était-il pas traité d’écrivain réactionnaire ? Le terme ne sert-il pas encore aujourd’hui, à forger un ennemi imaginaire ? Le réactionnaire, contrairement au passéiste, n’admire pas le passé en lui-même, en tant que passé, mais en ce qu’il contient des germes de vérité et de beauté pour le présent et l’avenir. D’autres termes subissent le même sort, soit par méconnaissance, soit par malhonnêteté intellectuelle.

Enfin, au risque de me répéter, dans le microcosme de l’intelligentsia française, les calomnies et les dénigrements sont quelque chose d’habituel. Les défenseurs triomphants du politiquement correct, c’est-à-dire des valeurs de la gauche (philosophes, artistes, journalistes…) font régulièrement des procès à ceux qu’ils soupçonnent de défendre un modèle de société, différent du leur, qui dénoncent les idées et la pensée contestataire de 1968, d’être xénophobes voire racistes ou encore d’aimer trop l’autorité et l’ordre. Sans doute cela leur permet-il de faire oublier qu’en certaines époques ces amoureux des droits de l’homme et du progrès flirtaient avec les pires tyrans : staliniens, trotskystes, maoïstes, castristes… pourtant si peu démocrates.

Alors, à notre jeunesse bretonne, avenir de notre Bretagne, qui n’accepte pas la résignation, qui s’engage et sacrifie bien souvent de son temps pour réaliser un idéal politique et un idéal national pour notre patrie, je lui donne ce modeste conseil : tourne le dos à ceux qui acceptent d’exister sans être !

Je vous adresse à tous et à vos familles, tous mes vœux pour l’année 2012.

Gant va gwellañ hetoù evit ar bloaz nevez o tont.

Padrig MONTAUZIER.

(1) Voir l’enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), menée auprès de lycéens et étudiants et publiée dans Le Monde.
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