Erquy : La Bretagne mais pas trop

Alors que nous sommes passés par cette commune de la côte nord ( Bro Sant Brieg) la semaine dernière, un flyer dans un des commerces de la ville a retenu notre attention. En effet, nous apprenons avec joie la tenue d’un stage de danse Hip Hop sur Erquy du 13 au 15 février pour les adolescents bretons (de moins en moins nombreux au fil des ans, ce vieux port de pêche étant devenu une maison de retraite en bord de mer, comme bien des communes de la côte bretonne) qui pourront découvrir tous les bienfaits de la culture des banlieues françaises.

Mais puisqu’un évènement de la sorte ne peut tenir sans soutiens financiers, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous voyons apparaître parmi les mécènes, au côté de la MJC de Lamballe (entité qui mériterait un article à elle seule), la Communauté de communes de la côte de Penthièvre qui se propose donc de promouvoir ce stage haut en couleurs (sans jeux de mots) afin de perpétuer l’ouverture d’esprit des jeunes bretons devant l’éternel.

Tout est magnifique jusqu’ici, mais quelques nuages viennent obscurcir ce parfait tableau. Avec des interrogations en primes. Car nous avions appris précédemment que des habitants du secteur avaient contacté il y a quelques temps cette brave communauté de communes pour proposer la mise en place d’une signalisation routière bilingue Breton/français, proposition qui resta sans suite bien entendu. Tout en sachant que la communauté en question a pour projet à court terme de remplacer la signalisation existante par une signalétique à vocation touristique et homogène sur l’ensemble de la côte de Penthièvre. Des panneaux touristiques oui, une petite dose d’identité non : Les élus ne tolèrent pas les symboles qui pourraient rappeler un peu trop le caractère breton du pays.

Mais la Bretagne, qui parfois vous gagne, leur fait surtout gagner des touristes et de l’argent, à ces communes et ces élus. Comme le montre l’exemple d’Erquy, où l’office de tourisme et la mairie vous annonce « La Bretagne de grès rose ». Étrange schizophrénie, quand dans le même temps, la même commune d’Erquy refuse elle aussi un affichage bilingue, tantôt pour une question de budget, tantôt pour une histoire de « pays gallo ». La bonne blague. Et refuse également la parution dans son magazine local « Le Cap Magazine » d’un article hommage de la Fondation Yann Fouéré en décembre dernier après le décès de celui que l’on ne présente plus, au motif que Monsieur Fouéré n’est « pas quelqu’un d’ici ».

Il y a fort à parier que la tenue d’un stage de hip hop, symbole par excellence du métissage à la française et de la sous culture imposée par Paris, ville-égout de la civilisation européenne, soit plus familière aux élus républicains franchouillards locaux et aux familles de bretons abrutis qui enverront leurs enfants à cette farce françafricaine subventionnée par leurs propres impôts.

Kevrenn Bro Sant Brieg

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