Devoir de mémoire: Le camp de Conlie / Derc’hel soñj: Kamp-bac’h Konli

Discours prononcé à Conlie, devant le mémorial breton le 29 janvier 2012

Il y a maintenant près d’un siècle et demi que s’achevait la désastreuse guerre de 1870. Elle sera le prélude à deux autres guerres, avec à chaque fois le même ennemi pour la France qui a eu beau jeu de pleurnicher sur la scène internationale pour avoir été incapable d’éviter l’envahissement de son territoire par des armées étrangère. Qui mentionne que c’est la France elle-même qui a déclaré la guerre à chaque fois, tantôt la Prusse tantôt à l’Allemagne.

A mesure que le temps passe, l’oubli recouvre les plus terribles drames. Nous ne sommes pas ici évidement pour parler de ceux dont on nous rabâche les oreilles jusqu’à l’overdose à longueur de documentaires ou de séries télévisées, mais d’un drame pour nous autres bretons qui semble avoir été entouré d’une véritable conspiration du silence.

Que sait-on, en effet, de cette lamentable affaire du camp de Conlie où nous nous trouvons et où des milliers de bretons furent sacrifiés à la raison de l’état français. Je ne vais pas vous refaire un cour d’histoire sur les détails et la façon dont furent parqués et laisser à l’abandon près de 80 000 Bretons. Chacun d’entre nous pourra retrouver le déroulement de cette tragédie dans les ouvrages sur l’histoire de Bretagne de La Borderie ou de Camille Le Mercier d’Erm.

Laisser périr volontairement par le froid, la famine, et la maladie, des milliers d’être humain en fonction de leur ethnie cela s’appelle un crime contre l’humanité, un génocide.
Bien entendu, le conditionnement des masses entretenu par le terrorisme intellectuel des flics de la pensée actuel fait que, lorsqu’il s’agit de crime à l’encontre des peuples Européens, c’est le silence absolu. « Je vous conjure d’oublier votre qualité de breton pour ne vous souvenir que de celle de français » M. Gambetta.

Gambetta, le héros de la république française qui figure au Panthéon des grands hommes dont la gauche à pour référence ; Eh bien messieurs les gauchistes et élus socialiste de tout poils, est-il dans vos habitudes de sermonner un malien d’être plus malien que français ou un musulman d’oublier qu’il est là pour ce conformer au laïcisme de votre république une et indivisible ? Non, bien sûr que non ! Le racisme, l’intolérance, la guerre et la souffrance de l’humanité à travers l’histoire comme aujourd’hui ne sera toujours imputable qu’aux seuls peuples européens.

Gambetta vivrait aujourd’hui, il aurait tout pour être trainé devant un tribunal international et être jugé comme un criminel de guerre, pour ne pas dire plus. Et pourtant, non seulement il n’y a aucune conscience pour s’élever contre ses crimes, en Bretagne comme ailleurs, mais nous avons-nous même, bretons dans nos villes et nos village des rues et des places Gambetta ! Le personnage est ainsi vénéré par nos chers élus, ethno-masochisme quand tu nous tiens…

Bretons ! N’oublions jamais et levons nous pour qu’aujourd’hui comme demain l’on puisse seul décider de notre avenir, et des noms de nos rues ou collèges.

Bevet Breizh Bevet Europa.

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  • Karal

    Ar gwir ganit Alberto.

  • Alberto Da Giussano

    @ Breutaer

    Texte remarquablement lucide et très bien écrit, avec lequel je suis en syntonie.

    Pour le reste j’ai comme le pressentiment que pour la France, il est vraiment trop tard.
    Je passe souvent en France et à chaque fois cette sentence d’Oskar Freysinger –député de l’UDC Suisse- me revient à l’esprit : « Pour moi la France est foutue ».
    J’ai récemment discuté avec un Flamand, tout ce qu’il y a de plus sain, sincère et sympathique, lequel m’a confié qu’après avoir passé la plus grande partie de sa vie en Wallonie, entouré de francophones, il avait fini par s’avouer que de vivre parmi eux le mettait mal à l’aise, le déprimait, que ces gens n’avaient plus d’identité, qu’ils étaient ‘’nobody’’ et que lui-même à trop les côtoyer était devenu ‘’nobody’’.
    Alors il avait réagi et s’était installé de l’autre côté de la limite linguistique, avait dû trouver un autre travail, parler le flamand (ce qui malgré ses origines n’était plus le cas dans sa famille proche), mais que maintenant que sa ‘’réadaptation’’ était achevé il se sentait tout à fait régénéré.
    Et il se trouve que c’est exactement mon parcours, mon ressenti, mais pour moi, en renouant avec le nord de l’Italie.
    C’est tout le bien que je vous souhaite, à vous et aux lecteurs de ce blogue, de vous préserver de devenir ‘’nobody’’ dans un pays qui serait devenu « terra di nessuno » (in latino terra nullius).

    Cordiali saluti e mille grazie.

  • Breutaer

    La France a déclaré la guerre aux Allemands en 1870 et en 1939, mais les Français n’y sont pas forcément pour grand-chose. Il faut aller voir de plus près qui sont les principaux responsables.

    On peut effectivement parler de conspiration du silence autour du drame de Conlie. On a le même problème avec les massacres de Vendée en 1793, la famine organisée en Ukraine dans les années 1930, les massacres de religieux pendant la guerre civile d’Espagne, etc. Les conspirateurs du silence tiennent à la fois l’école, la télé et l’université.

    Gambetta:  » Je vous conjure d’oublier votre qualité de breton pour ne vous souvenir que de celle de français « 

    À mon avis, Gambetta ne défendait même pas les intérêts français. Le journaliste Édouard Drumont a écrit que les gens comme Gambetta se déguisaient en libres-penseurs pour persécuter les chrétiens « au nom des glorieux principes de la tolérance et des droits sacrés de la liberté ». Je pense que Gambetta se déguisait aussi en Français pour faire croupir les Bretons dans la fange de Conlie. Pour lui, les Bretons étaient sans doute des super-chrétiens à l’identité trop solide. Il fallait dissoudre tout ça.

    Je cite Drumont: « Je sais bien que, selon eux, une France nouvelle serait née dans les massacres de Septembre, qu’elle se serait purifiée de ses vieilles gloires avec le sang qui dégouttait des têtes coupées de vieillards et de femmes… »

    On entend le même discours aujourd’hui de la part de certains journalistes et politiciens: ils invoquent Robespierre et la révolution de 1789 pour dire que la France n’appartient plus à sa population de souche, mais doit être un hôtel ouvert à toute l’Afrique. On voit mal comment ces proxénètes pourraient ne pas s’opposer à nos efforts pour enseigner l’histoire de Bretagne, sauver la langue bretonne, obtenir une télé bretonne, et soustraire la Bretagne au désastre français. Pour eux, la France doit rester un bordel, dont la Bretagne restera une simple chambre.

  • bzh

    pouvons-nous porter plainte auprès des hautes instances pour génocides?
    est ce que ADSAV! peut saisir la justice? au fait qui a part ce mouvement viens rendre hommage?

  • Tizef44

    Depuis que je connais cette « affaire », j’ai honte d’avoir arpenté sans rien faire, pendant toute ma jeunesse, ce très long boulevard Gambetta de Brest qui surplombe toute la gare. Mais j’avais une circonstance atténuante : pas plus l’école primaire Sanquer que le lycée ne m’a jamais soufflé le moindre mot de l’Histoire (en général) des rapports entre la France et la Bretagne, et encore moins de cet énorme scandale. Maintenant que tout le monde le sait (merci Internet), comment se fait-il que nos jeunes loups (= moi dans les années 50) tolèrent plus longtemps de côtoyer ces honteuses plaques de rues ? Ce n’est plus à 70 ans que nous, les anciens, allons nous mettre à démonter ces vestiges honteux de notre soumission, mais les jeunes….
    Dihunit, gast !
    « Charlig vras » n’avait pas tout à fait tort en affirmant que nous sommes vraiment des veaux.