Des facs bretonnes pour rendre les Bretons à la Bretagne!

Il y a quelques temps de cela , le député et Vice-Président de l’Assemblée “Nationale” (française) Marc Le Fur a envoyé une lettre ouverte au recteur d’académie de Rennes lui demandant de remettre de l’ordre à l’université de Rennes 2. Cet établissement est en effet bloqué depuis plus de deux mois par “une minorité de prétendus étudiants qui transgressent quotidiennement les règles élémentaires de la liberté d’étudier et de la démocratie”. Face à l’indigence de la République française, ce soucis de l’ordre public en Bretagne honore le député UMP. Pourtant, Marc Le Fur commet une erreur lorsqu’il omet de prendre en compte l’origine de cette situation. La « chienlit » n’est qu’une conséquence logique du système dont elle émane. Qui doutera que bien des « professeurs » soient plus ou moins complices des troubles? Quant à la valeur des heures de cours perdus, nous savons tous que les formations sont devenues tellement insipides que c’est surtout la carotte du « diplôme » qui importe. Or qui pourrait douter que l’université conciliante ne passe l’éponge sur les cours manqués « pour la bonne cause » ?

Alors que faire? la grève comme l’organise la gauche française, sûrement pas! Vouloir revenir à l’éducation d’avant 1968, comme le propose implicitement la droite française serait une illusion. Quel serait l’avantage de revenir au système qui formait les Bretons de manière efficace, certes, mais les poussait surtout à s’exiler et se fondre dans le moule français? Il n’y a donc rien à regretter ou « rétablir ». Il faut plutôt tout recréer ! Ce dont les étudiants bretons ont besoin ce n’est pas de sauver l’éducation « Nationale » – vaste programme qui tient de l’utopie. Ce dont nous avons besoin est de mettre en place une alternative. Des fracs vraiment bretonnes, qui soient des lieux d’excellence et fonctionnent en dehors du carcan français. Sans même attendre la constitution d’un Etat breton il existe des possibilités d’aller de l’avant. Pourquoi ne pas multiplier les bourses pour étudier dans les universités européennes avec un emploi en Bretagne à l’issue de la formation? Pourquoi ne pas envisager davantage de centres de formation et d’universités indépendants alimentés par des capitaux bretons et qui permettent de mieux s’insérer dans la vie professionnelle? Avec de telles initiatives les Universités françaises, elle, pourraient bien mettre la clé sous la porte, personne ne les retiendait plus.

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