Doux : la Bretagne plumée ? Doux: Breizh dibluet?

 

Le roi du poulet Doux, le leader européen de la volaille, est depuis le vendredi 1er juin placé en redressement judiciaire à la demande de Charles Doux, président du groupe familial qui emploie plus de 3.400 personnes en France. Il y a aussi les quelques 800 éleveurs, les fournisseurs, les transporteurs : pas moins de 15.000 emplois directs et indirects, selon les syndicats.

Doux roi du poulet

« Il y a 5 ans, on était 13.500, aujourd’hui, on est à peine plus de 3.400… »

Entre 1999 et 2012, ce sont pas moins de 17 fermetures de sites, dont 15 en France. Le géant, le roi du poulet a du plomb dans l’aile et ce sont les investissements au Brésil qui risquent de sonner le glas de ce fleuron du miracle économique breton. Sur 430 millions d’euros de dettes, 390 millions seraient uniquement dûs aux usines du Brésil. Investissements désastreux d’un patronat qui se voyait acteur de la mondialisation folle.

Les aides européennes ont été la bouée de sauvetage de l’entreprise. Le volailler Doux a perçu 62,8 millions d’euros d’aides entre octobre 2007 et octobre 2008 et 55 millions d’euros entre 2010 et 2011*. Selon certains ouvriers, ce sont 500 000 poulets qui sont traités par jour rien qu’à Chateaulin, sachant que chaque poulet est vendu deux euros, il y a effectivement de quoi se poser de sérieuses questions quant à la gestion de l’entreprise : où est donc passé cet argent ? Même si aujourd’hui le gouvernement Hollande met la main à la pâte pour trouver de nouveaux financements, il s’agit toujours de poser une attelle sur une jambe de bois. Aujourd’hui Doux, et demain à qui le tour ?

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce sont les retombées négatives et la fin du miracle breton qui a débuté dans les années soixante. La Bretagne à la pointe de la France et de l’Europe qui a tout sacrifié à ce développement économique sans mesure pour être toujours plus moderne, y compris sa langue nationale**, paye l’addition et celle-ci est salée et le sera toujours plus tant que l’immobilisme politique sera de mise en notre belle patrie. Les problèmes nombreux de pollution, la situation de l’emploi qui se détériore sans cesse, les jeunes diplômés bretons qui s’expatrient en masse, la déshérence des jeunes bretons… Il est grand temps que la Bretagne reprenne son destin en mains plutôt que de rester simple spectatrice de sa lente et inexorable déchéance !

Face à  ce constat d’échec qui ne cesse de s’aggraver chaque jour qui passe Adsav! s’engage!

Aujourd’hui aux côtés des salariés de Doux dans la tourmente, demain partout en Bretagne!

Mammenn / Source: TelegrammeNouvel Obs

*Le groupe s’est défendu de toucher des «subventions», mais des aides à l’exportation d’autant plus élevées qu’il est leader européen de son secteur à l’export. Ces aides consistent en un mécanisme de compensations, baptisé «restitution européenne», qui permet de combler l’écart entre le prix pratiqué par les exportateurs européens, plus élevé, et celui des cours mondiaux, plus faible.

** Phénomène de la course à la modernité au détriment de la bretonnité, très bien analysé dans Brezhoneg – un siècle de Breton (dvd)

 

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  • Bubuche

    De rien,
    A galon ^^

  • Dao ha dao!

    Mersi bras evit ar skeudenn savet brav!
    Merci pour ce montage!

  • Bubuche
  • Gurvan

    La fin d’un modèle économique qui a fait la fortune de la Bretagne pendant quelques décennies… avec les conséquences que l’on connaît.