La Bretagne, terre de sacrifices.

Depuis la perte de son autonomie, la Bretagne a subi tous les changements de régime qui se sont succédés en France depuis 200 ans : Première République (1792-1804), le Premier Empire (1804-1814), les deux Restaurations (1814-1830), la Monarchie de Juillet (1830-1848), la Seconde République (1848-1852), le Second Empire (1852-1870), la Troisième République (1870-1940), le Régime de Vichy (1940-1944), la Quatrième République (1945-1958) et la Cinquième République (depuis 1958), soit dix systèmes gouvernementaux depuis la bourrasque révolutionnaire qui induisit les guerres napoléoniennes, lesquelles servirent de modèle pour les grandes hécatombes des « guerres modernes ».

De quelqu’idéologie politique que se soient parés tous ces régimes, la Bretagne ne les a connus qu’au travers d’une administration tatillonne, étrangère, vexatoire et de plus en plus centralisée. En 1962 le gouvernement de la République Française imagina même de séparer administrativement et économiquement de la « Région Bretagne » le département de la « Loire Atlantique » et la ville de Nantes, capitale historique de nos ducs.

L’esprit de la Bretagne, son coeur, ses traditions ont été ignorés ou ridiculisés. Sa langue pourchassée, exclue des écoles, des administrations, de la vie publique, des tribunaux. Sa culture méprisée et combattue. A tous les degrés de l’enseignement officiel, sa glorieuse histoire est encore cachée à ses fils. Combien d’entre eux savent l’histoire des mobiles bretons échappés en 1870 à l’enfer du camp de Conlie, près du Mans, et qui furent envoyés sans armes au massacre par un gouvernement sans honneur et sans humanité ? Combien ont appris que la Bretagne perdit 240.000 soldats tués durant la Guerre de 1914-1918 (1 habitant sur 14, contre 1 sur 28 en France, 1 sur 35 en Allemagne et 1 sur 66 en Angleterre) Tandis que la France perdait 1 tué sur 28 habitants, la Bretagne en perdait 1 sur 14, c’est à dire le double [et on de parle pas de l’interminable cortège des mutilés, gazés, infirmes et « gueules cassées »…] ? Combien
connaissent aujourd’hui assez de l’histoire de leur Pays pour se demander si, sur le monument aux Morts de chacune de nos paroisses, il ne serait pas plus judicieux d’inscrire : « Morts… à cause de la République Française » ?

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