War raok N°36

war raok 36

EDITORIAL.

 

 

Le miracle breton !

 

Un peuple en mouvement, une nation en devenir, une République à bâtir…


 

 

 

La Bretagne est une terre sainte. Dès la plus haute antiquité elle apparaît comme un sanctuaire où s’assemblent les foules mystérieuses des vivants et des morts. Elle est la terre des miracles. Le béquilleux se met à marcher, le borgne à voir, le bègue à parler… quand on passe devant la statue de la Sainte. Mais ce n’est pas de ce miracle dont je veux vous parler. Il s’agit ici du miracle de notre peuple, du miracle de notre Bretagne. Hier, nation qui s’abandonnait et se donnait joyeusement à tous ses conquérants, elle retrouve aujourd’hui son énergie perdue et ne doute plus de son avenir. Hier, peuple qui renonçait à ses droits et libertés, à sa langue et qui allait perdre son âme, il voit se lever une jeunesse virile, saine et déterminée qui affirme sa volonté de vivre libre. Tel est le miracle breton. Néanmoins, je n’aime pas trop le mot miracle lorsqu’il s’applique aux sociétés humaines. La France est morte de l’idée de miracle quand elle croyait par là se sauver. Elle n’a joué qu’avec les mots, et les mots les plus dangereux, ceux de guerre ou de révolution.

Un miracle se prépare et se mérite. La Bretagne enfin sortie d’un long sommeil enchanté, se met à respirer, à marcher, à vivre et d’une vie d’autant plus intense qu’elle était davantage contenue. Miracle ! Oui aux yeux aveuglés qui n’avaient pas décelé les forces mystérieuses qui bouillonnaient dans le peuple breton. La Bretagne libre ? Quelle utopie ! Mais personne ne dit plus aujourd’hui que cela est impossible. On demande plus simplement : « Comment sera la Bretagne libre » ? ou « Quand la Bretagne sera-t-elle libre » ?

Tout ne dépend pas de nous, il faut le reconnaître. La déchéance actuelle de la France fait comprendre aux Bretons l’impérieuse nécessité de sauver leur patrie bretonne et de quitter cet Etat français sur le déclin. Ce qui dépend de nous, c’est la volonté, le travail, la discipline, l’action politique… qui ne sauvent que les âmes fortes. Formons des apôtres de l’action lancés par une foi et ne se contentant pas de discussions stériles, des hommes nourris d’une doctrine, ce nationalisme fondé sur de solides bases ethniques et de l’élaboration d’une pensée politique authentiquement bretonne, arme de premier ordre pour les « soldats » de la cause bretonne. Des hommes qui se donnent tout entier au peuple. Les forces de la matière, les forces de l’esprit, nous les avons. Un peuple croit, s’épanouit et meurt comme un être vivant selon les lois qui règlent la vie. Si nous ne sommes pas les maîtres du destin qui se présente et selon que nous soyons solidaires ou divisés, conscients ou non de nos propres forces… le destin passera devant notre porte avec notre liberté et nous n’aurons fait que rêver ! Par contre, si nous sommes les maîtres, nous l’attendrons de pied ferme.

Le destin ne nous laisse que la victoire totale, ou la défaite aussi totale. J’ai choisi : la victoire, qui ne sourit qu’aux conquérants. Conquérir les libertés bretonnes et travailler, sans répit, pour l’indépendance de la Bretagne. Il n’est pas d’humbles tâches lorsqu‘il s’agit de la patrie. Nous vivons aujourd’hui en des temps barbares et dangereux, mais également héroïques. Les réalités du passé le plus profond et la réalité permanente des peuples opprimés, des ethnies et nations sans Etat, percent progressivement la croûte des vieilles idéologies.

Forte, la Bretagne retrouvera sa place parmi les nations européennes. Faible, elle subira le sort des vaincus dans ce qu’il a de pire. Avec un état d’esprit jeune et neuf, une conscience politique et une volonté militante, nous opposerons le droit révolutionnaire du peuple breton à la civilisation vieille et décrépie de la France coloniale.

Selon que les Bretons seront « puissants ou misérables » le jugement de la guerre les rendra libres ou non.

 

Meriadeg de Keranflec’h.

War Raok

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  • Broadelour

    excellent ! notamment l’article intitulé : « quand les prédateurs s’invitent en terre bretonne » avec en prime la première photo qui explique finalement tout.