War raok N°38

war raok 38

EDITORIAL.

 

L’âme d’une nation coule dans nos veines.

L’idée de nation suscite encore aujourd’hui chez certains des réactions, des passions parfois vives, voire violentes. Les uns voient en elle renaître le culte de la race, du sang. Les autres, le simple et seul principe d’une nouvelle loyauté politique. Il n’est pas dans mon intention de disserter une fois de plus sur la définition de la nation, ni de reposer la traditionnelle question « Qu’est-ce qu’une nation ? ».

La Bretagne, vieille nation européenne, a répondu depuis bien longtemps à cette question. L’âme de la nation bretonne, c’est d’abord son passé. Il n’est pas vrai que les peuples heureux n’ont pas d’histoire, parce que s’ils n’en avaient pas, ils ne seraient pas des peuples. Après 10 siècles de souveraineté nationale, la Bretagne est à ce jour sous occupation étrangère. Région bâtarde, simple province française… mais toujours nation, nation sans Etat certes, mais nation déterminée à recouvrer son indépendance. Le peuple breton a-t-il conservé une conscience nationale à l’instar de son frère écossais ? Sans aucun doute. Les Bretons ont-ils, aujourd’hui, un sentiment national ? Oui et de récents sondages le démontrent. Si la politique d’assimilation de la France a, certes, fait d’énormes dégâts, elle a échoué malgré sa politique génocidaire et ethnocidaire. Les Bretons sont fiers de leur identité spécifique et le revendiquent de plus en plus. Parmi les facteurs les plus déterminants dans l’esprit national, il y a le souvenir des choses faites en commun, le souvenir des épreuves traversées qui cimentent. Une nation comme la Bretagne commence à exister lorsque que naît une fierté, un orgueil national. Elle n’existe en fait que s’il y a des femmes et des hommes qui se réclament d’elle et qui entendent se définir comme Bretons. Aujourd’hui, on honore des Bretons morts pour la patrie. Ce que l’on honore en eux c’est qu’ils aient prouvé que quelque chose valait plus qu’eux et que leur vie, à savoir la patrie. Suprême sacrifice. Valeur suprême de ce à quoi on se sacrifie.

La nation bretonne est plus que le produit d’un contrat. Elle n’existe que par la foi qu’on lui voue. Elle n’est pas non plus une unité fermée, mais ouverte. Mais sous condition de pouvoir assimiler ceux à qui elle ouvre les bras. Aujourd’hui les nations modernes réunissent tous les vices. Elles s’ouvrent à n’importe qui et n’importe comment au mépris même de leurs âmes, de leurs identités. Une nation est un organisme vivant mais elle peut mourir. Mourir de mort physique mais également de mort spirituelle. Une nation qui perd son âme, à qui l’on vole son âme ou qui se laisse arracher son âme, cette nation est une nation condamnée. Les sociétés actuelles en Europe sont toutes orientées de manière prédominante vers le confort matériel. Leur hédonisme congénital est le plus sûr poison de l’idée nationale. Il nous faut également combattre les idéologies du déracinement qui visent les attaches territoriales d’un peuple, mais aussi ses attaches culturelles et spirituelles. Il est révélateur que tout système totalitaire ou colonial, cherche à détruire l’identité d’un peuple en s’attaquant en priorité à sa culture. C’est en niant la spécificité d’un peuple que cherche à s’imposer toute pensée homogénéisante. La culture est la carte d’identité d’un peuple. C’est son passeport et contrairement aux pleurnicheries et autres niaiseries régionalistes, nous ne dissocions pas le combat culturel du combat politique. La Bretagne est un être intrinsèquement politique et culturel. Le politique renvoie au culturel et le culturel renvoie au politique. Privé de dimension politique, le culturel devient folklore.

Notre combat pour la liberté du peuple breton et l’indépendance de la Bretagne, doit s’inscrire dans le cadre de l’Europe des peuples et prendre en compte que l’Europe actuelle est aspirée dans l’idéologie du bonheur individuel et la religion des droits de l’homme qui tend à s’octroyer tout l’espace du champ moral et préparer les esprits à l’uniformité. Vaste programme nihiliste, philosophie du bonheur massifié que nous entendons combattre.

Pour conclure je vous livre cette citation de Louis Pauwels : « L’idée que le monde doit être vécu au pluriel, c’est l’idée importante de cette fin de siècle. Le vrai racisme, le racisme fondamental, c’est de vouloir broyer tous les peuples, toutes les ethnies, toutes les cultures pour obtenir un modèle unique… ».

Meriadeg de Keranflec’h.
War Raok

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  • Alberto Da Giussano

    J’ai bien reçu le N°38 de War Raok.

    Un War Raok excellent -Unan … Uhelegezh !- comme toujours.

    Je n’ai pu répondre pour l’instant à la proposition de prolongation d’abonnement, ce que j’aurai fait -subito- si … ma situation ‘’bancaire’’ me l’avait permis ; eh oui, en Italie du nord les gens honnêtes ont beau travailler dure, c’est aussi –au moins- le même résultat que dans votre Nation Breizh.
    Enfin, vu que j’ai fait un paquet d’heures sups et qu’en novembre j’aurais –peut-être- une prime, je vous renvoie le coupon dès que possible.
    Même s’il ne s’agit pour moi que d’un abonnement de soutiens amicale, car si mon vrai combat est ici chez moi –a casa- en Italie du nord, il aurait tout à se féliciter des succès des mouvements amis comme le vôtre –surtout face au monstre jacobin le plus emblématique d’Europe-.
    Eh oui, votre cause (et War Raok) sont connus et appréciés dans de nombreux pays donc : ne baissez pas les bras. Avanti !

    … Surtout en ce moment :

    http://www.lapadania.net/articoli/bretagna_in_rivolta_per_la_sinistra_chic_10562.php

    « Bretagna in rivolta, per la sinistra chic « è colpa dei fascisti »

    Ma tra i berretti rossi ci sono tutti: centristi, gente di destra,
    ma soprattutto agricoltori, operai e pescatori uniti contro l’ecotassa … »

  • Lanig

    Beau texte ! ayons l’espoir. ISRAËL a retrouvé son existence après 2200 ans de disparition ! on peut donc renouer la chaîne d’or qui nous relie à nos ancêtres malgré la haine et la connerie.
    Breizh ha Keltia da virviken !

  • BLEUD

    JE ME RETROUVE EN CES MOTS .j ai souvent l impression d hetre seul incompris et tiste de voir mon pays mourir. réveillons nous,il est temps