Roazhon/Rennes: bientôt des autodafés?

Ouest France, livres brûlésHier matin, devant un bâtiment municipal de la Plaine de Baud, à Rennes des milliers d’ouvrages qui se trouvaient entassés dans une benne, avant de finir dans un four. La nouvelle s’est très vite répandue et a vivement choqué. Alain Coquart, conseiller municipal délégué à la lecture publique de s’expliquer:

« Il s’agit de livres retirés des rayons des bibliothèques de Rennes parce qu’ils sont abîmés, ne sont plus demandés ou ne présentent plus d’intérêt . Une partie a été donnée à des associations et l’autre destinée à être détruit. On ne peut pas donner n’importe quoi. »

A quand les autodafés de ce que la mairie de Rennes considère comme du « n’importe quoi » et du « sans intérêt » ? Et dans quelle catégorie figurent les auteurs en langue bretonne ou les auteurs qui seraient un peu trop iconoclastes? Quand on observe l’épuration qui sévit dans certaines communes on est en droit de craindre le pire…

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  • Pierre Guillemot

    « toutes les bibliothèques pratiquent le désherbage »
    Les soviétiques et les nazis pratiquaient aussi, autrefois, avec un art consommé ce fameux « désherbage » dont vous parlez. La chine et d’autres aujourd’hui. Que « l’indivisible » se laisse tenter par ce type de «jardinage » n’est pas fait pour me surprendre. Les bureaucraties ont un besoin vital de contrôler la diffusion de l’information et de la culture.

  • gwezenn

    Inquiétant en effet, Dalma semble oublier que quantité et qualité sont rarement compatibles…un grand auteur aurait donc moins sa place dans une bibliothèque qu’une BD grand public ou que le dernier bouquin tendance à la mode ? état physique du livre soit mais « fiabilité de ses informations » ??? fichtre ça sent la censure à plein nez et là nous sommes effectivement dans le sujet, le choix des titres serait neutre et impartial ? ben voyons…

  • Ar Fur

    « en vertu de la fiabilité de ses informations »

    Le ton péremptoire de Dalma est assez inquiétant. C’est souvent celui de l’administration en Hexagone face aux « administrés ». On part du principe faux que cette administration serait « légitime » et « démocratique » pour imposer ensuite le respect ou surtout le silence. Sans jamais remettre en cause ses choix ou surtout les justifier.

  • Dalma

    Le minimum serait de se renseigner : toutes les bibliothèques pratiquent le désherbage, dans tous les pays, et même dans les meilleures démocraties. Les ventes au public ne font pas disparaitre la totalité des rebuts.

    « en vertu de quoi peuvent-ils par exemple juger qu’un titre ne présente plus d’intérêt ? qu’entendent-ils par là ? »
    En vertu de son état physique, en vertu de la fiabilité de ses informations et, surtout, en vertu de ses chiffres de prêt. C’est le public (donc vous) qui détermine cet intérêt.

  • Elie Golan

    et le tri sélectif ? pourquoi brûler des livres dont le papier peut être recyclé? indépendamment de toute autre considération. Bien la peine de nous bassiner avec faire un « geste pour la planète » !

  • Fred

    Ces ventes au public ont le mérite de ne pas être sacrilège.

    Je n’y suis pas pour autant favorable. Car une fois vendus aux amateurs les livres ne sont plus accessibles à tous. Il est opportun de certes mettre à jour ce qui est directement accessible–en faisant tout de même attention à l’équilibre car souvent je vois une inflation de livres « pratiques » et une élimination rampante de la haute culture– Mais le reste, ce qui sort des rayons, devrait rester disponbible sur demande, être accessible au prêt. Au pire sous forme pdf ou équivalent.

    Une civilisation qui se débarrasse de son savoir au lieu de chercher à l’accumuler le plus possible ne vaut pas bien cher.

  • gwezenn

    Qu’il y ait des bibliothèques qui agissent de façon neutre et dans un but unique de gestion c’est évident et normal mais est-ce le cas de toutes les bibliothèques ? pas sûr et pour ce qui est de l’objectivité…il suffit de voir les auteurs et titres des rayons ( hors romans ) pour s’apercevoir du contexte très orienté des bibliothèques municipales, il n’y a pas plus surveillé et censuré que le monde de la presse et de la lecture en général, il ne s’agit pas de paranoïa mais d’une réalité, en vertu de quoi peuvent-ils par exemple juger qu’un titre ne présente plus d’intérêt ? qu’entendent-ils par là ?

  • Cian

    Régulièrement à Brest la bibliothèque vends une partie de sa collection à des prix défiant toute concurrence. Cela finance l’achat de livres neufs et les acheteurs sont contents. C’est plus intelligent…

  • Fred

    A Paris la bibliothèque du centre Georges Pompidou comptait pas mal de livres de nationalistes bretons. A l’occasion de sa rénovation une grande partie des ouvrages ont disparus. Ils devaient entrer dans la catégorie “ne sont plus demandés ou ne présentent plus d’intérêts”

  • gwezenn

    Il aurait été intéressant de connaitre la liste des titres des ouvrages ayant finis à la poubelle, si ça se trouve les autodafés ont déjà eu lieux…j’aime bien le « ne sont plus demandés ou ne présentent plus d’intérêts »…