« Aux exigences d’une civilisation de plus en plus complexe doivent répondre des formes d’organisation de plus en plus décentralisées » (Yann Fouéré)

Nous assistons de nos jours à l’éclatement de sociétés politiques devenues trop grandes et trop despotiques pour répondre aux besoins de la vie et aux désirs des hommes et des peuples. A force de vouloir tout diriger, tout réglementer, tout commander, tout décider, ils sont automatiquement conduits vers l’éclatement et la mort. Ceux qui aujourd’hui pensent encore que l’unité est inséparable de l’uniformité, tournent le dos à la vie et aux leçons des sciences, des techniques et des recherches les plus modernes, dont les lois de la « variété requise» est l’une des formulations. J’ai déjà dit que de nos jours et au point de l’évolution politique à laquelle nous sommes arrivés, il fallait bien souvent diviser pour pouvoir, par la suite, plus valablement unir.
Aux exigences d’une civilisation de plus en plus complexe doivent répondre des formes d’organisation de plus en plus décentralisées, qui remettent le choix de la décision au niveau d’organisation et de gouvernement le plus proche des citoyens. Confirmé par l’étude des disciplines modernes, l’application du principe de subsidiarité, qui est à la base de toute organisation fédéraliste, permet de concilier les contraires, d’équilibrer les besoins et les impératifs du tout ou de l’ensemble, en assurant en même temps le respect des libertés nécessaires à l’épanouissement des sociétés de base? Ce sont ces dernières qui, en s’élevant de niveau en niveau, finissent par former le tout ou l’ensemble, et permettent de réaliser ainsi l’unité dans le respect de toutes les diversités.
En économie comme en gestion, en administration comme en politique, toute centralisation excessive stérilise, car elle entraîne une simplification et un appauvrissement des canaux de communication entre la base et le sommet. Or tout le monde s’accorde à reconnaître que, en cybernétique comme en biologie et en informatique, le « feed-back» joue un rôle fondamental; c’est-à-dire que l’information ou l’organisation descendante doit se doubler, pour bien fonctionner, d’une information et d’une organisation ascendante qui part de la base pour se diriger vers le sommet. Personne, en effet, ne peut mieux connaître un problème que celui qui en est le plus rapproché.
Cette page de philosophie, écho donné aux études les plus récentes, ne nous confirme-t-elle pas que la conception « totalitariste» de l’Etat centraliste qui est celle de l’Etat français, et celle d’autres grands Etats à l’éclatement desquels nous assistons, est de moins en moins adaptée à nos sociétés modernes ? Nous devons y puiser des motifs supplémentaires de mener à l’écart d’idéologies et de systèmes qui cherchent à conserver ou à renforcer l’unitarisme et l’unicité des décisions, le combat pragmatique et concret qui est le nôtre, le seul qui puisse conduire à l’avènement des libertés qui sont nécessaires au peuple breton comme à tous les autres peuples de l’Europe.
Yann Fouéré
Extrait. Source : Texte paru dans Synergies européennes, avril 1991

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  • Elie Golan

    le centralisme démocratique aussi…

  • Merci pour la remarque. La coquille a été corrigée.

  • Breutaer

    Je corrige une coquille:
    le  » feed-back » joue un rôle fondamental; c’est-à-dire que l’information ou l’organisation descendante doit se doubler, pour bien fonctionner, d’une information et d’une organisation ascendante qui part de la base pour se diriger vers le sommet.

  • Erwan

    Bonjour,

    J’ai créé un forum nationaliste Breton pour combler le manque avec la perte du forum d’Adsav. Il n’est pas lié au parti et est ouvert à tous.

    http://www.ar-vro.com/

    A galon.