Vers l’indépendance électrique.

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Vers l’indépendance électrique.

Chaque hiver les aléas climatiques (tempêtes, neige ou vagues de froid) pouvant sévir sur notre pays causent des coupures d’électricité pour bon nombre de Bretons. La presse coloniale en profite alors pour rappeler que nous dépendons totalement de la France, avançant le chiffre de 8% de l’électricité consommée produite en Bretagne. Ce chiffre est faux car il oublie le pays Nantais que le pouvoir tente d’écarter définitivement  de la Bretagne.

 

* La situation.

 

La Bretagne consomme 28000 GWh par an et produit environ 11000 GWh. Nous produisons donc 40% de notre consommation. Bien loin des chiffres parisiens. Les plus importants lieux de production sont Cordemais (5700 GWh) et Montoir-de-Bretagne (2200 GWh).

La Bretagne se distingue par la part importante des énergies renouvelables : éolien (1650 GWh),  marémotrice (Rance : 550 GWh) et autres (900 GWh).

La situation n’est donc pas catastrophique. Néanmoins, la Bretagne doit obtenir son indépendance énergétique totale vis-à-vis de son voisin français.

 

* Renforcer les centrales à énergies fossiles ?

 

Comme nous l’avons vu, la centrale de Cordemais est la première productrice d’électricité en Bretagne. Le processus nécessite du charbon et du fioul que nous devons importer de l’étranger. Cependant, le revers de la médaille pour la Bretagne est l’absence de gisements d’énergies fossiles sur son territoire. Ainsi, la production est soumise aux fluctuations des cours internationaux et à la géopolitique mondiale.

Il convient aussi de tenir compte des pollutions provoquées par les rejets.

Si les centrales existantes doivent être maintenues, une multiplication de telles structures ne serait pas une voie d’avenir. Pourtant, fidèle à son archaïsme légendaire, l’état français tente depuis des années d’implanter une centrale au gaz à Landivisiau malgré l’inutilité et le coût exorbitant pour le contribuable breton. Utilisant le faux prétexte de « péninsule énergétique », les autorités renforceraient ainsi la dépendance de la Bretagne aux pays exportateurs de gaz. L’opposition locale fait face au mépris du préfet, plus enclin à ménager Direct-Énergie, initiateur du projet.

 

* Le nucléaire.

 

Lors de sa construction dans les années 1960, la centrale de Brennilis en Cornouaille était pour le gouvernement français la vitrine d’un pays triomphant et novateur grâce à l’atome. Aujourd’hui elle attend son démantèlement, 30 ans après sa fermeture. Comme le symbolisent Plogoff et le Carnet, les Bretons ont refusé le nucléaire chez eux tandis que les centrales de l’ouest de la France nous approvisionnent en partie. La construction d’une centrale nucléaire en Bretagne serait victime d’une nouvelle opposition de masse. De plus, l’actualité récente interroge sur la sécurité, l’avenir des déchets nucléaires ou encore le démantèlement des centrales.

 

* Énergies renouvelables, mauvaises pistes et bonnes solutions.

 

Depuis quelques temps, les éoliennes fleurissent sur nos collines et dans nos champs. Certes, le climat venteux de la Bretagne leur est favorable. Pourtant, la production unitaire est faible contrairement au coût de construction. La multiplication de parcs éoliens nuit à l’environnement et aux riverains tandis que la corruption règne (1).

Avec ses 2830 km de littoral, la Bretagne doit aussi chercher à exploiter la force des courants marins. L’initiative de l’hydrolienne de Ouessant montre que cette solution est possible. Néanmoins, le nombre de foyers alimentés est pour le moment, très restreint. La recherche et les évolutions techniques permettront d’améliorer cela dans le futur. Ainsi, un développement à grande échelle sera envisageable.

De son côté l’usine marémotrice de la Rance produit 5% de notre électricité mais perd chaque année un peu de puissance du fait de l’envasement de l’estuaire. D’autres sites en Bretagne pourraient accueillir un tel équipement.

Enfin, la reconversion d’anciens sites industriels est aussi une possibilité. Ainsi, Berrien abritera en 2019 une centrale hydroélectrique dans une ancienne carrière. Près de 5000 foyers seront alimentés (2).

La solution viendra surtout de l’énergie solaire et de la biomasse. Pour la première, l’utilisation des espaces disponibles sur les toits des bâtiments est un calcul intelligent car la pression immobilière sur notre territoire est déjà forte. Cependant, l’électricité n’est pas stockable et la production en hiver est automatiquement plus faible. Il convient donc d’y ajouter d’autres moyens de production.

La biomasse semble idéale pour la Bretagne. En effet cette méthode se base sur l’utilisation des matières organiques végétales ou animales. L’activité agricole, base de l’économie bretonne, permet de fournir la matière. La Hongrie utilise déjà un tel procédé pour une ville de 120 000 habitants, montrant qu’une application à grande échelle est possible (3).

 

Avec de la volonté, l’indépendance électrique est possible !

 

(1) War Raok n°41 – décembre 2014.

(2) http://www.letelegramme.fr/bretagne/berrien-de-l-electricite-y-sera-produite-en-2019-18-10-2015-10816595.php

(3) http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140418.AFP5208/biomasse-la-ville-hongroise-de-pecs-120-000-habitants-se-chauffe-a-la-paille.html

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