L’amour de la patrie serait-il une forme d’égoïsme ?

Kroaz DuQu’est-ce que la patrie ? La première définition qui me vient à l’esprit est celle du poète : « La patrie c’est la terre où nous sommes nés », oui mais si nous nous contentons que de cela, c’est insuffisant. La patrie c’est la terre, mais pas seulement un quelconque territoire de quelques kilomètres carrés. Si je réduis la patrie à ce concept, il devient alors difficile de comprendre ce qu’est l’amour de la patrie. La patrie est la terre où l’on est né mais pas seulement une ère géographique. C’est la terre de nos ancêtres, c’est l’étymologie du mot patrie, terra patrum, c’est également la communauté humaine qui vit sur cette terre. La patrie nous fait regarder en arrière vers ceux qui habitaient avant nous sur ce morceau de terre, vers ceux qui l’ont transformé avec leur sang dans les combats, avec leur sueur dans le travail, vers ceux qui ont fait la patrie dans les guerres d’indépendance. La patrie est ma famille, cette famille de tous ceux qui me sont unis par les liens du sang, de la religion, de la culture, de la langue. C’est toute l’importance de l’histoire. Aujourd’hui on voudrait faire de l’histoire une chose morte, quand l’histoire est pour une Nation, une réalité vivante. Si notre jeunesse ne connaît pas l’histoire, si elle n’est pas capable de remonter dans le passé afin de découvrir ce qu’on fait ceux qui sont morts pour nous donner une patrie, cette jeunesse est incapable de comprendre le présent. Cette jeunesse grandira mal. Les exemples donnés dans les écoles par une élite dirigeante ne sont que des trahisons de la mémoire. On veut semer dans le cœur de notre jeunesse un esprit de trahison, un esprit apatride. La patrie enfin est la terre de nos pères, elle existe dans le présent que nous sommes, mais aussi comme quelque chose qui passe dans nos mains et qui ne nous appartient pas. Nous devons la remettre à nos enfants, à nos héritiers et c’est là que la patrie devient Nation. Si, comme je viens de le dire, le mot patrie vient de pères, nation vient de natus qui signifie « né ». La patrie, héritage reçu et héritage que nous devons transmettre vers le futur. C’est le véritable sens du mot tradition. L’amour de la patrie est aujourd’hui la cible de tous les adeptes de cette tentation universaliste, cette utopie qui considère l’homme comme un élément individuel d’une entité qui serait l’humanité ! Citoyens du monde ! En ce qui me concerne, il apparaît clairement que cet amour de la patrie est d’un ordre supérieur et que, dans certaines circonstances extrêmes, il est nécessaire de donner sa vie pour la défense de cette grande famille. Lors d’un moment d’exaltation patriotique, le geste héroïque est presque facile, il semble aisé de faire face et de donner son sang. Mais l’héroïsme quotidien est plus difficile, plus difficile aussi est l’accomplissement du devoir de tous les jours. L’héroïsme au service de la patrie n’est pas uniquement constitué de faits d’armes exceptionnels pouvant aller jusqu’au sacrifice de la vie. Non, l’héroïsme au service de la patrie, est d’abord celui du travail silencieux de chaque jour, en influant sur ce qui l’entoure : à l’école, à l’usine, au bureau, à la campagne et à la ville … en témoignant pour la Vérité, en sachant marcher à contre-courant, contre la mode, en sachant dire non quand le troupeau dit oui et se laisse entraîner et porter par l’erreur et le mensonge.

Notre jeunesse bretonne doit être là, présente, pour renverser par-dessus bord toute idéologie ringarde, toute dérive totalitaire, internationaliste et universaliste des maîtres actuels de la pensée unique. L’amour de sa patrie est un acte de vertu.

Breizh araok pep tra, bevet Adsav! Bevet Europa!

Partagez sur les réseaux soxiaux !