Discours de Bains sur Oust: priorité à la réunification

Mignoned ker,


Je remercie les personnes ici rassemblées d’avoir fait acte de présence en cette période chargée de rentrée scolaire. Comme chaque année nous nous retrouvons donc devant la  statue de Nominoë, surnommé le “Tad ar Vro” (le père de la partie). Nominoë gagna ce titre de gloire non loin d’ici, en 845 lorsqu’il infligea une cuisante défaite au roi des Francs, Charles le Chauve. La victoire remportée scella l’unité du Royaume de Bretagne et inaugura une période d’indépendance qui ne devait s’achever qu’en 1488, par la défaite de Saint Aubin du Cormier, prélude au funeste traité d’Union de la Bretagne à la France de 1532.

Dans le contexte actuel marqué par une situation économique alarmante, le peuple breton souffre plus que jamais de sa situation de soumission. Enfin libérés de la tutelle française qui nous entrave, nous pourrions soutenir les initiatives prometteuses, remettre de l’ordre dans nos finances, et faire entendre notre voix à Bruxelles. Nous pourrions puiser en nous-mêmes pour faire face à l’adversité. Au lieu de cela nous sommes soumis à la politique en trompe l’œil d’un gouvernement français tellement englué dans ses propres lourdeurs qu’il en devient totalement impuissant.

Comme au temps de Nominoë, c’est d’unité dont nous avons d’abord besoin pour gagner cette indépendance. Aussi, l’injustice qui découle de la division politique et administrative du peuple breton n’en est que plus flagrante. Vous l’aurez compris je fais avant tout référence à la partition administrative de la Bretagne. Or, au cours des derniers mois, de nombreux Bretons se sont mobilisés afin de mettre un terme à l’odieux découpage qui ampute la « Loire Atlantique » du reste de la Bretagne. Une lueur d’espoir est née dans le cœur de nos compatriotes. Ainsi que  l’obligation morale de se montrer à la hauteur de leurs espérances.  De nombreux membres de la classe politique, qu’ils soient purement français où qu’ils se réclament de la Bretagne ont certes bercé les Bretons de belles paroles, ont fait état de vœux, d’« engagements » pour la réunification. Pourtant, qu’en est-il aujourd’hui alors que rien n’est gagné, alors que la réforme n’est pas faite, alors qu’il faut augmenter la pression?  Les beaux parleurs semblent tout à coup ranger leurs drapeaux et abandonner la bataille au milieu du gué. A l’inverse de Nominoë, ils se détournent et ce sont les combinaisons et les alliances en vue des « élections régionales » qui captent toute leur attention. Ils en oublient le combat pour le respect des frontières bretonnes, sans même parler de celui pour l’indépendance. D’aucuns m’ont demandé avec insistance quelle sera la position d’Adsav pour ces élections « régionales » et si nous comptons former notre liste, chercher des alliances, ou nous abstenir.  Ma réponse est en forme de question: dites-moi d’abord quel sera le découpage de la circonscription électorale? Qu’adviendra-t-il de Nantes ? En l’absence de réponse satisfaisante nous ne devons surtout pas nous laisser divertir par le calendrier électoral français mais plutôt l’utiliser à nos fins. Concentrons-nous d’abord sur la bataille de la réunification. Continuons de mettre  la réunification administrative au cœur de notre combat et faisons de cette question le point déterminant du rassemblement des forces vives de la Bretagne. C’est la tournure que prendra ce combat qui déterminera la position du parti du peuple breton dans les semaines et mois à venir.

Frederig ar Bouder

Pennrener Adsav, Strollad Pobl Vreizh

Président d’Adsav, le Parti du Peuple Breton

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