Mai 1968 : de l’anarchie au consumérisme bourgeois

Sous l’impulsion des tartuffes rouges, le cinquantenaire de Mai 1968 sera prochainement l’occasion d’un rappel dithyrambique de ses acteurs et de leurs faits d’armes, par les habituels égouts médiatiques, éducatifs et associatifs. Raison suffisante pour donner aux jeunes générations, une lecture plus critique des évènements passés. Pour qu’elles ne deviennent pas, à leur tour, les dindons de la farce d’un Système toujours en place.

Que ces journées d’émeutes s’inscrivent dans le vaste mouvement de contestation étudiante ayant déferlé sur les grandes métropoles mondiales, au cours des années soixante, on n’en convient aisément. Qu’un tel mouvement international soit né sur les campus californiens (produits de Wall Street), peut toutefois susciter… quelques interrogations. Notamment sur la volonté d’abolir un Système dont les « protestataires » partagent grosso modo la philosophie générale. Y compris chez les « Enragés de 68 ».

Cependant, jamais l’agitation gauchiste n’aurait entrainé la masse des étudiants au Quartier latin, sans la conjonction de certains facteurs, et un mécontentement diffus couvant depuis des années dans le milieu universitaire.

Car cette révolte étudiante ne fut en rien…spontanée ! Bien au contraire, ces émeutes loin d’être anarchiques, furent préparées méthodiquement par les noyaux dirigeants de groupuscules subversifs. Elles furent encadrées par 2 ou 300 meneurs entrainés aux combats de rue. Leur formation à la guérilla urbaine ayant été assurée par des spécialistes venus de l’étranger (RDA). Quelques mois avant les émeutes, les groupuscules gauchistes notamment trotskystes furent pourvus miraculeusement de fonds très conséquents (matériel de propagande couteux, journaux, tracts et brochures au tirage abondant ….).

En réalité, ce ne fut pas la contestation de toute la jeunesse, mais celle d’une certaine jeunesse, appartenant majoritairement aux milieux sociaux les plus favorisés. L’accès aux universités, à l’époque, ne reflétant en rien la situation actuelle. Ce ne sont donc pas les jeunes ouvriers, les jeunes employés ou les jeunes paysans qui dépavaient les boulevards ou brûlaient les voitures ! Même s’ils se sentaient par nature, solidaires de leur génération en révolte contre le « vieux monde » de leurs parents.

Malgré cela, cette révolte n’a pris, à aucun moment, les allures d’une révolution. Essentiellement des batailles de rues, des barricades qui auraient pris fin rapidement, sans l’inertie du gouvernement gaulliste et la complicité des médias (presse et radios) amplifiant les faits par goût du sensationnel. Sur ce point, Jacques SAUVAGEOT, l’une des trois figures de mai 68 avec COHN-BENDIT et GEISMAR, dans un entretien à l’AFP en 1993 avait reconnu que « le Pouvoir n’a jamais été à prendre » et que « les évènements n’avaient pas été si violents en 1968 ».

Ce qui était imprévu, ce fut le ralliement de la masse étudiante à cette contestation de rue. Tant par recherche d’un certain romantisme que par rejet de la société de consommation dont le seul critère est l’argent. Ce qui était prévisible, néanmoins, c’était le déchainement des grèves qui suivirent par contagion, après la capitulation du Pouvoir, le 13 mai devant les émeutiers.

Or, là où une remise en cause totale de cette société libérale exigeait une vision-du-monde radicalement opposée, les étudiants conditionnés et préparés intellectuellement par leurs études, à adhérer à des thèmes philosophiques progressistes, suivirent les mots d’ordre des groupuscules d’extrême-gauche. Surenchérissant avec un corps professoral déjà marxisé au sein d’une Education nationale aux mains de sectaires depuis Jules FERRY.

Que prônaient-ils, d’ailleurs, ces leaders boutefeux ? Eux, les militants de la cause universelle et cosmopolite, qu’ils soient trotskistes (KRIVINE), anarchistes (COHN-BENDIT) ou maoïstes (GEISMAR) ? : une société sans classes, la suppression des hiérarchies, des institutions et valeurs traditionnelles, un monde sans frontières (on a déjà un avant-goût), l’hédonisme, un individualisme porté au paroxysme, une contre-culture…etc.

Ils voulaient « changer la vie » ?…notre société est devenue ultra-consommatrice et matérialiste. Il était « interdit d’interdire » ?…les lois muselant la liberté d’expression des autochtones se sont multipliées. Les médias libres ?… nous avons les Presses d’Etat, TV d’ Etat, Radios d’ Etat et nos réseaux sociaux en voie de domestication. Quant aux excités qui voulaient « abattre le Régime », celui-ci est toujours en place, toujours décrié mais toujours là. Pas de quoi déboucher une bouteille de chouchenn !

Et, que sont devenus ces semeurs d’utopies ? Pour un Régis DEBRAY ayant rejoint les maquis d’Amérique du Sud, pour affronter le vrai danger, combien d’agitateurs et forts en gueule de l’Ultragauche soixante-huitarde ont pris place et fait carrière au sein d’un système abhorré mais très lucratif ? Secteurs politique, médiatique, intellectuel, universitaire…La vie a été belle et la soupe savoureuse pour eux, au cours des cinquante dernières années. Aujourd’hui, retraités aisés, ils lèguent pour les générations futures une ardoise qu’elles seront seules à payer.

Jeune, voilà ce que tu dois à ces glorieux « combattants de Mai 68 » et leurs suiveurs. Non satisfaits d’avoir participé au pourrissement sociétal et provoqué des changements sociaux et culturels déplorables, ils sont de nouveau à la manœuvre. Manifestant encore toute leur nocivité, par un soutien sénile aux arrivées de migrants-clandestins dans nos communes. Leur dernier combat subversif.

Et, ils ont l’impudence de célébrer cette mascarade révolutionnaire !

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