Bain sur Oust. La résurrection de Nominoë

L’inauguration du mémorial Nominoë qui a eu lieu ce samedi est l’aboutissement de plusieurs années d’effort et d’un projet initié en 2014 par le collectif d’associations Poellgor Gouel. Il symbolise aussi la fin d’une attente qui parcourt le pays Breton depuis plus d’un siècle.

C’est ici à Ballon, sur la commune de Bain sur Oust, que Nominoë et son armée, faisant face aux troupes françaises menées par Charles Le Chauve, remportèrent une victoire décisive dans l’histoire de la Bretagne. C’est donc en ce lieu chargé d’histoire que l’artiste du pays de Redon, Jean-Pierre Baudu a choisi d’installer ce monument.

Bien que moderne dans sa conception, ce dernier a une forte dimension symbolique. Un grand bouclier, pièce maîtresse réalisée par la Nouvelle métallerie de Kerpont à Caudan, représentant le chevalier Nominoë est entouré de pieux en bois symbolisant les javelots de son armée, inséré dans un cercle avec tous les granits de Bretagne ; l’ensemble fait face à une allée de « dominos » symbolisant l’armée Franque.

Nombreux donc étaient les participants venus assister à l’inauguration samedi 26 mai. Après une longue litanie de remerciements, l’ensemble des prises de paroles souligna la détermination sans faille des acteurs du projet.

« Nous sommes très fiers d’avoir participé à la fin du processus, qui a été très long, à l’élaboration de ça magnifique monument et surtout d’avoir aidé cette association très résiliente, à mettre en avant un véritable trésor de l’Histoire de Bretagne, qui appartient à tous les Bretons et qui mérite vraiment beaucoup plus que ce qu’il n’avait précédemment », nous expliqua Christian Guillemot.

Jean-François Mary, président de Redon agglomération parla quant à lui « d’une belle œuvre, dans toutes ses dimensions, une œuvre de témoignage. »

Le maire de Bain sur Oust, Marc Derval, souligna le « travail collectif » et conclu par ces paroles fortes de sens « Nominoë n’a pas défendu qu’une terre, mais une identité bretonne, une langue, des valeurs. Merci de venir continuer à la défendre ».
A travers toutes ces différentes interventions, une ligne directrice apparue comme évidente. Celle de l’importance vitale de la transmission et d’une mémoire collective forte et chacun d’espérer que la visite de ce lieu et de ce monument puisent permettre à ces visiteurs de découvrir une page d’histoire de la Bretagne.

Il est juste dommage que, sans doute, pour satisfaire aux injonctions du politiquement correct et ne pas apparaître comme étant trop identitaire, plusieurs intervenants crurent judicieux de faire quelques parallèles hasardeux entre le sort et l’histoire de la Bretagne et celle de l’Afrique. L’inauguration s’acheva en musique par une magnifique interprétation du Bro gozh ma zadoù, par Clarisse Lavanant, reprise en cœur par bon nombre de participants.

Il reste à espérer que ce monument fasse l’objet de nombreuses visites et permette de lever un coin du voile de l’histoire officielle. Le récit national ayant eu trop longtemps pour principal but de priver les Bretons d’un élément important de la constitution de leur identité ; il est temps qu’ils puissent de nouveau célébrer Tad Ar Vro, premier roi de l’État Breton indépendant.

Yannig Berthelot

Crédit photo :Breizh-info.com
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