Enfin un maire lucide et courageux.

mariageAdil Doubi, un marocain âgé de 31 ans, bénéficiant d’un titre de séjour espagnol ne lui permettant pas de travailler ni de résider plus de trois mois sur le territoire « français », décide de se marier avec Kamar El Haji Safari, une femme de nationalité hispano-marocaine. Le mariage est prévu début juillet à la mairie de Loudéac mais l’hôtel de ville est fermé. En effet, le maire, Gérard Huet, refuse de célébrer ce mariage, estimant que c’est un mariage de complaisance. Il évoque même « une mascarade pour ne pas dire une fumisterie juridique » et met en avant le risque d’implantation d’une filière hispano-marocaine à Loudéac. Il transmet le dossier au tribunal de St Brieuc estimant que le couple ne présente pas les garanties élémentaires du mariage. Mi juillet, le procureur de la république de Saint-Brieuc, Gérard Zaug, lui adresse une injonction le sommant de célébrer ce mariage, qu’il estime, lui, légal aux yeux de la loi. Saisi, le juge des référés confirme la décision et une adjointe à l’état-civil marie le couple marocain. Mais le maire ne compte pas en rester là. Début octobre il adresse une lettre à ses administrés dans laquelle il justifie sa position : «Alors que nous traversons une grave crise économique, comment aurais-je pu marier sans m’y opposer, deux étrangers… plus préoccupés de profiter de notre système de protection sociale que de convoler en justes noces. » Il affirme qu’en refusant de marier cette femme et cet homme, il a «voulu dénoncer un système qui fait la part belle à l’assistanat, plutôt que de protéger ceux qui se lèvent tôt le matin pour gagner leur vie en toute honnêteté. Rappelons en effet que le mariage de ces deux étrangers leur donne la possibilité de toucher le Revenu de Solidarité Active, des allocations logement et de bénéficier de la Couverture Maladie Universelle.» Et Gérard Huet de conclure : « Je compte maintenant sur notre député pour déposer une proposition de loi limitant ces abus». La réponse du député, Marc Le Fur ne se fait pas attendre : « Je suis tout à fait en phase avec Gérard Huet », déclare-t-il. «Je travaille à une proposition de loi visant à mettre un terme à ce genre de pratique de la part d’individus qui utilisent notre droit pour détourner la loi française. On se trouve dans la situation absurde où le maire se fait complice d’une illégalité». Adil Doubi dépose plainte pour « diffamation » contre Gérard Huet. Une seconde plainte contre le maire est déposée par la Ligue des droits de l’homme. Les traditionnels partis et syndicats de gauche avec leur allié le MoDem condamnent la position du maire. La Ligue des droits de l’Homme, la Cimade, la CFDT, la CGT, l’union syndicale Solidaires, le Parti socialiste, le mouvement démocrate, le Parti communiste et les Verts, organisations collaborant activement à l’installation des immigrés, décident de créer un « collectif » ayant jugé que les réactions des Loudéaciens étaient « trop timorées » dans cette affaire. Quant à Gérard Huet il justifie sa lettre et confirme sa position dans cette affaire. « Je sais pertinemment qu’en écrivant certaines vérités, cela ne va pas plaire à certaines personnes acharnées à me combattre depuis 2001 et qui croient détenir le monopole du cœur. Avec cette polémique autour de l’article sur le mariage des étrangers, c’est comme si on m’accusait d’avoir vu juste. J’estime pourtant avoir fait mon devoir d’élu en m’opposant à ce qui me paraissait contraire à l’esprit du mariage républicain».
Un exemple à suivre pour d’autres maires bretons confrontés à de telles situations.

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